Les Carnets Ludographiques #12 :
LES BASES DE LA MISE EN SCÈNE

Dans la première partie de notre diptyque sur la mise en scène, Michael et Sébastien passent en revue les notions de bases  :

  • une définition, qui finit en métaphore : "la fenêtre narrative magique" (si, si),
  • les choix (conscient ou non) qui fonde une création,
  • montrer quoi, dans quel ordre et avec quelle insistance pour...
  • réfléchir à la signification de sa mise en scène, à l'intérieur de l'histoire, pour le public-joueur ET "entre les deux",
  • le processus fondamental de masquer et démasquer, notamment pour créer la tension narrative,
  • le découpage du temps (de narration / de jeu / du MJ / des joueurs...), et donc notamment les structures en 2, 3 et 4 actes,
  • la focalisation, c'est à dire les différents "points de vue" par lesquels on perçoit l'histoire t donc...
  • le cadrage , soit la composition de ce qu'on voit par notre fenêtre narrative : quelle quantité de décor vu par quel angle, quelle importance donnée aux personnages, s'éloigner ou zoomer etc.,
  • les transitions entre les scènes, les actions, les cadrages... et leur influence sur le rythme.

Dans le prochain carnet, on se penchera donc sur des "effets audiovisuels" dont peut s'inspirer le JdR... et on répondra aux questions d'auditeurs sur la mise en scène en général. N'hésitez donc pas à nous en poser plein.
Ce podcast a été diffusé pour la première fois sur Radio Rôliste en septembre 2015.
Son générique est un extrait du '
Spoon Rapael' de Orchestra Arrecife.

19 thoughts on “Les Carnets Ludographiques #12 :
LES BASES DE LA MISE EN SCÈNE

    1. Sébastien Delfino Post author

      Comme je te le disais la première fois que tu as posé la question, probablement parce qu’on a changé de serveurs, donc d’adresse et que ça impacte probablement le flux RSS.

      Reply
      1. erwik

        OK, je le comprends
        par contre, je me désabonne et me re abonne via podcast addict qui fait une recherche itunes, ça devrait fonctionner , non?

        sur mon application, l’url renseignée est bien http://radioroliste.podcloud.fr/rss
        je n’ai plus d’erreur sur la mise à jour (youpi o/) par contre le dernier numéro des carnets ludographiques ne remonte toujours pas snif

        Reply
        1. kobal

          Hello,

          C’est en cours ! Suite au changement de serveur il y a eu un petit mic-mac de configuration qui fait que le feed n’était plus accessible. C’est réparé, mais il doit être maintenant validé par les petits gars de podcloud, c’est pour bientôt donc 🙂

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  1. Pingback: Flash : Les Carnets Ludographique #12 | The Fellowship of the Dices

  2. Sébastien Delfino Post author

    Ça dépasse nettement mes compétences techniques mais le patron dit qu’il s’en occupe. 🙂
    Et sinon, des questions ou des commentaires sur le contenu du podcast ?

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  3. Uiop

    Très bon podcast encore une fois. Ça faisait longtemps que j’attendais celui sur la mise en scène, merci pour toutes ces informations. Est ce que ça serait possible que tu sites des sources ou de la bibliographie si on veut approfondir ? Si tu connais des podcast you tube par exemple.

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    1. Sébastien Delfino Post author

      Merci !
      Là-dessus, « mes sources » sont principalement les cours de scénario, de cinématographie et de storyboard que j’ai reçus durant mes études (et pour certains que j’ai donnés par la suite), remaniés au fil de ma pratique rôliste. Sur ce sujet tout particulièrement, je n’ai donc pas vraiment de bibliographie en tête… :-/
      Mais je note la question et, d’ici quelques temps, je tâcherais de faire une note bibliographique contenant plein de sources que je pense « utiles aux MJ ».

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  4. Uiop

    Et tu as étudié où sans indiscrétion ? Où est-ce qu’on peut prendre des « cours » comme ça ?

    Est-ce que tu planifies autant tes parties quand tu les conçois ? Est-ce qu’il y a pas un risque de perdre un peu de naturel ?

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    1. Sébastien Delfino Post author

      J’ai fait des études de dessin animé, en fait (avec une spé’ en storyboard, donc plein de mise en scène). 🙂
      Mais on peut trouver ce genre de formations à plein d’endroits : il existe des cours du soir de « storyboard » (j’ai jadis participé à en monter), ça s’enseigne parfois en Communication Visuelle, la cinématographie s’étudie aussi via l’histoire des arts ou le cinéma « classique », la dramaturgie est normalement au programme des Lettres Modernes…
      Ça doit pouvoir se trouver, donc.

      Je ne planifie pas toutes mes parties de la même manière, tout dépend de mes intentions du moment : les techniques de mise en scène « avancées », par exemple, me servent surtout lorsque je veux produire un effet précis sur ma tablée (on y revient dans le prochain n°). Différemment, si je mène des scénarios dont l’intrigue est complexe, ou si j’ai prévu une séance avec beaucoup de développement ludique, je me préoccupe d’avantage de ces aspects-là que de la mise en scène : le fait d’avoir plein d’outils à disposition signifie qu’on en a pour la plupart des besoins, pas qu’on va tous les utiliser tout le temps. 🙂

      Plus généralement, je mène d’une manière que j’appelle « le MJ embusqué » : je me prépare plein de munitions ludo-narratives, mais j’attends une bonne occasion pour les tirer. Par exemple, quand je prévois la description d’un décor façon « mouvement de caméra » pour mettre l’accent sur l’espace (la distance, l’échelle des plans, l’isolement ou le confinement…), je ne sais pas forcément à quel moment je vais le décrire : j’attends que les PJ m’en fournissent l’opportunité, lorsqu’ils vont découvrir le décor en question, s’ils explorent l’endroit à la recherche de qq chose, quand l’un d’eux va me dire « J’observe les alentours »…
      Au final, je ne « planifie » donc pas tellement mes parties, car effectivement ça deviendrait bien trop « linéaire » pour notre goût (celui de mes joueurs comme le mien) et j’y perdrais beaucoup de spontanéité : je prépare les éléments qui m’importent -qu’il s’agisse d’un challenge ludique que j’ai spécialement développé, d’un effet de mise en scène, d’un moment de roleplay poignant ou d’une impression que je veux transmettre aux joueurs- et pendant la partie je joue à les intégrer à la volée, quand l’occasion se présente. C’est en fait un des aspects de l’animation de partie qui est vraiment ludique pour le MJ. 🙂
      J’expliquerai tout ça plus en détails dans le Carnet #13…

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  5. Uiop

    D’accord, donc si je résume, tu as des moments de scénario bien préparés que tu vas intégrer au bon moment. Tu vas aiguiller tes joueurs vers ce bon moment grâce à des notions de level design (si j’ai bien compris), en les y incitant à aller voir.

    Est ce que c’est possible de faire un point concernant la gestion de la tension dans le scénario ? J’ai l’impression que ça rentre aussi dans la mise en scène, au niveau du découpage. Par exemple, je m’arrange dans mon scénario au niveau de la tension, pour avoir 4 temps. De 1 à 2 je fais constamment monter la pression. Le 3 au contraire n’est très détendu, permet de souffler. Et le 4 est au maximum.

    Je sais pas si je m’explique bien. Est ce qu’il existe d’autres schémas pour gérer la tension ?

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    1. Sébastien Delfino Post author

      On reviendra sur la tension (ludique et narrative) dans le #13, oui : c’est prévu.
      Il existe effectivement des schémas, plein, d’ailleurs j’en ai moi-même publié un dans le hors-série n°0 de Di6dent, au sein d’un gros article intitulé « La Cuisine Scénaristique » :

      Quant à guider les PJ vers quelque chose par le « level design », ça m’arrive mais c’est plutôt rare. Ce dont je parlais consiste vraiment à préparer des éléments de scénario, selon leur probabilité de se produire (j’en ai déjà parlé plusieurs fois mais on peut rappeler ça aussi dans le CL#13)… et à attendre l’opportunité de les employer.
      Évidemment, plus je laisse les joueurs libres de leurs choix, plus il arrive que l’occasion nécessaire à certains effets ne se produise jamais, et certaines de mes munitions ludo-narratives passeront donc à la trappe.
      Mais ça, c’est pas grave, à mes yeux : le but n’est pas d’employer 100% de ce que je développe, c’est d’entamer la séance en ayant tous les outils pour faire une bonne partie.

      Reply
  6. Uiop

    Sans t’embêter (je pose beaucoup de question), une autre question : est-ce que tu écris tes préparations ? Par exemple, l’effet de « zoom/dézoom sur le vieil homme qui marche au loin vers le village » est-il écrit à l’avance ? Si oui, combien est-ce que tu préconises de lignes/paragraphes pour ne pas transformer ta partie en lecture ? Ou peut-être fais-tu simplement un relevé de mots-clefs puis tu improvises la scène pour plus de naturel ?

    Combien de temps pour une préparation de partie en règle général ? Quel est le bon ratio préparation/temps de jeu ? En tout cas, j’aime beaucoup l’approche mise en scène, et je l’utilise beaucoup. Je me retrouve dans ce tu dis, et j’utilise certains des moyens décrits dans ton pod-cast mais le fait que tu les aies formalisés me permet de mieux me les approprier, des les conscientiser et d’y réfléchir (d’où ma question sur les cours pour aller plus loin ^^). Hâte d’entendre la suite.

    Reply
    1. Sébastien Delfino Post author

      Tu as le droit de poser toutes les questions que tu veux, je répondrai à toutes celles que je veux ou peux (au pire, si tu dépasses Chani, je commencerais à taquiner).
      En l’occurrence, la question de la préparation est -elle aussi- au programme du CL#13 (c’est bien foutu, hein ? :P) mais je peux déjà te dire qu’il n’y a pas de « bonne durée » ni de quantité de texte objective : ça dépend du MJ.

      Personnellement, j’écris peu et je ne rédige jamais rien : ça me bloque pour la performance live (je ne rédige pas non plus les textes de mes cours, des podcasts ou des conférences). Sauf lorsqu’il s’agit de les publier, mes scénars sont donc des paquets de notes numériques organisées selon un code à moi (avec des couleurs, des symboles, des variations de typo… et mes priorités résumées au début).

      Mon propre ratio préparation/séance est déjà extrêmement variable : ça peut aller de « trois idées en tête et les mains dans les poches » à « quatre jours de documentation, de scénarisation et de création d’aides de jeu« , suivant le contexte de la partie et mes intentions (j’ai besoin de bcp moins de prépa en plein milieu d’une campagne déjà établie que lorsque je lance un épisode complètement « nouveau », que ce soit un nouveau jeu ou simplement un épisode qui change nettement des précédents), suivant l’univers et le style du scénar (je dessine mes donjons bien plus que je ne les écris, mais c’est l’inverse pour la diplomatie spatiale), en fonction du mode de jeu et de la tablée, suivant mes disponibilités (parce que, souvent, c’est le facteur principal), le support technique (je m’y prends différemment en « local » et sur table virtuelle) ou suivant mes envies

      Si toi par contre ça t’aide de rédiger, c’est complètement ton droit, ça se fait d’ailleurs assez fréquemment dans les scénarios du commerce (qu’on émaille volontiers de petits textes à lire aux joueurs). Il y a des MJ qui ont besoin d’écrire 15 pages de notes et le nom de chaque PNJ parce que ça fait partie de leur processus personnel (ça les met en train, ça les rassure…), certains répètent leur roleplay et leurs descriptions, d’autres encore préfèrent les trombinoscopes et les supports visuels…
      Il n’y a pas de règle objective : la bonne méthode, c’est celle qui te va bien. Et donc si tu as particulièrement besoin de déterminer quel est le bon ratio pour toi, il faut le tester : tu tentes différents ratios prépa/partie pendant un moment, tu notes ces ratios puis tu évalues lequel te va le mieux (éventuellement : quelS ratioS pour quelS scénarS).

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    1. Sébastien Delfino Post author

      Comme son nom l’indique, ça consiste en JdR à transformer des infos que les joueurs possèdent « illégitimement » en infos que les perso peuvent légitimement connaître, donc à se débrouiller pour que des PJ finissent par apprendre/découvrir/déduire des informations que les joueurs savaient déjà.
      Ça peut aussi bien être une petite magouille des joueurs qu’un enjeu de mise en scène important pour le MJ (car autant les PJ peuvent légitimement être choqués et terrifiés de découvrir que les vampires existent, autant c’est pas une thématique qui surprend les rôlistes et c’est pas simple à faire pour un MJ), mais c’est notamment l’objet d’un article traduit sur Places to Go, People to Be : http://ptgptb.fr/le-blanchiment-d-informations-pour-les-nuls

      (Dans d’autres cadres que le JdR, le blanchiment d’infos consiste simplement à légitimer des informations qu’on avait pas le droit d’avoir : la question se pose surtout en investigation, qu’il s’agisse de journalisme, d’enquêtes judiciaires ou d’espionnage.)

      http://ptgptb.fr/le-blanchiment-d-informations-pour-les-nuls

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  7. Chani

    Hello,

    Roooo, comme si je posais des questions…. cette fois, je n’en ai pas… en tout cas.. ça a été limpide.

    Pour ma part, j’ai déjà expérimenté pas mal de façon de gérer un scénario…. et finalement, je me retrouve à me baser que sur les lignes directrices, le ou les grand(s) méchant(s), et quelques points pivots, qui vont me permettre de faire soit des accroches pour d’autres histoires, soit des révélations sur l’intrigue en cours.

    Maintenant, utilisant pas mal l’informatique, (pour les plans particulièrement), je suis obligé de préparer un minimum, si ce n’est que pour avoir un bibliothéque d’endroit potentiel sous la mains. Avant, avec le véléda, un feutre, un chiffon et c’était baclé… mais faut avouer que l’immersion n’était pas la même.

    Bon sur ce, je me dirige vers les autres épisodes… prépare ton clavier Sébastien…. 😀

    Bonne soirée.

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